Les livres de février à retenir !

  • Disent-ils de Rachel Cusk 9782823605013FS

     Au cœur de l’été, une écrivaine britannique part séjourner à Athènes. Elle ne dévoilera rien d’elle-même, pas même son prénom. Mais alors que plusieurs personnes viennent se confier à elle – dans un avion, à une terrasse de café – c’est la vie de cette mystérieuse narratrice qui, en filigrane, va se révéler. Parce qu’elle est parfaitement vacante, passive, elle devient poreuse à tout ce qui l’entoure, et surtout à ce qu’on lui dit.
Et à travers ces micro-fictions, c’est le nouvel ordre amoureux d’aujourd’hui qui se dessine. Cette auscultation du discours d’autrui fait irrésistiblement penser au style de Nathalie Sarraute, mêlé au culot et la légèreté de Françoise Sagan (dont Rachel Cusk a préfacé la traduction anglaise de Bonjour tristesse). Disent-ils est un roman magistral en forme de portrait « extime ».

  • Retour à Oakpine de Ron Carlson9782351781074FS

La petite ville d’Oakpine, au coeur des magnifiques paysages du Wyoming, offre une vie paisible à ses habitants. Et c’est à cela qu’aspire Jimmy, 50 ans, atteint du sida. Devenu un écrivain renommé à New York, il souhaite désormais retrouver sa ville natale pour y passer les derniers mois de sa vie, et renouer avec ses parents. Il découvre que le destin vient de réunir à Oakpine ses trois meilleurs amis d’enfance : Craig, Frank et Mason.
Chacun a fait son chemin, construit une vie, mais tous se trouvent aujourd’hui à un tournant de leur existence. Petit à petit, au gré de ces retrouvailles, les quatre hommes vont se rendre compte que leur amitié est la meilleure arme pour effacer les fantômes du passé et affronter les obstacles du présent. Avec pour décor des images lumineuses et émouvantes de l’Ouest américain, Ron Carlson dépeint toute l’humanité de ses personnages et offre un portrait bouleversant de l’amitié, dans un nouveau roman qui confirme son infini talent à sonder les âmes.

  • Déneiger le ciel de André Bucher9782848051970FS

David a soixante ans et vit dans une ferme isolée, sur les hauteurs. Pour la première fois en vingt-six ans, il a décidé de ne pas déneiger la commune. Mais ce 23 décembre glacial, quand son vieil ami berger, puis celui qu’il nomme son « fils de rechange », l’appellent à l’aide, il n’y tient plus. Son tracteur est en panne, il part à pied. Commence alors une nuit hallucinée. Pour résister au froid et à l’ivresse de la neige omniprésente, David se grise de ses souvenirs, chante et danse.
Dans cette veille au pays des ombres, là où la frontière entre ciel et terre a disparu, la nature déchaîne ses sentiments comme les éléments, convoquant les fantômes du passé et les ombres du présent. L’image de sa femme, tuée par un chauffard, celle de sa fille, venue lui annoncer son divorce, Muriel encore, qu’il voudrait savoir aimer, ou une mystérieuse disparue que charrie la rivière… mènent autour de lui un bal étrange.

  • Vernon Subutex de Virginie Despentes9782253087663FS

Une formidable cartographie de la société française contemporaine à travers l’itinéraire d’un disquaire (Subutex), obligé de fermer son magasin à cause de la dématérialisation de la musique, qui perdra vite son appartement et devra, avant de finir SDF, demander à chacun de ses amis de l’héberger un temps, devenant ainsi le parfait fil rouge pour nous faire pénétrer dans tous les milieux. Qui est Vernon Subutex ? Une légende urbaine. Un ange déchu. Un disparu qui ne cesse de ressurgir. Le détenteur d’un secret. Le dernier témoin d’un monde révolu. L’ultime visage de notre comédie inhumaine. Notre fantôme à tous.

  • Popa singer de René Depestre9782843047657FS

Pour fêter dignement le retour de son fils au pays, Popa Singer, matriarche éclairée et indéboulonnable, armée de sa seule machine à coudre et de son utopie personnelle, est bien résolue à résister à sa manière à l’Ubu Roi des Tropiques, le plus atrocement absurde que les Grandes Antilles aient subi : Duvalier, alias Papa Doc. Popa Singer va raconter l’histoire de ce duel à Jacmel, ville natale de l’auteur, comme García Márquez racontait le Macondo de la famille Buendia dans Cent ans de solitude.
Tout le récit tient dans une éloquente dialectique entre la monstruosité aberrante de Papa Doc et cette « maman-bobine de fil » qui « fera planer son cerf-volant enchanté dans l’azur féminin de l’histoire, en mère nourricière, ravie d’alimenter en brins de toute beauté la machine Singer à coudre les beaux draps d’un réel-merveilleux germano-haïtien. » La fantaisie rabelaisienne se propage en nomenclatures fantasques qui sont en soi des morceaux de bravoure dignes du Mangeclous d’Albert Cohen. S’il témoigne avec une joyeuse férocité de l’épouvantable caprice du président à vie, le romancier des enjouements amoureux, styliste hors pair et maître d’une langue incomparablement inventive, mêlant allègre faconde et humour au vitriol, ne lâche rien de son verbe en transe ludique, véritable incendie d’allusions et de métaphores pour dire un monde de folie.

  • Le grand marin de Catherine Poulain9782823608632FS

Quand Lili Colt arrive à Kodiak, un port de l’Alaska, elle sait qu’elle va enfin réaliser son rêve : s’embarquer sur un de ces bateaux qui partent pêcher au loin. Pour la jeune femme, une runaway qui a fui jadis le confort d’une famille française pour  » faire la route « , la véritable aventure commence. Le choc est brutal. Il lui faut dormir à même le pont dans le froid insupportable, l’humidité permanente et le sel qui ronge la peau, la fatigue, les blessures… Seule femme au milieu de ces hommes rudes, au verbe rare et au geste précis qui finiront par l’adopter.
A terre, Lili partage la vie des marins – les bars, les clubs de strip-tease, les motels miteux. Quand elle tombe amoureuse du  » Grand marin « , elle sait qu’il lui faudra choisir entre sa propre liberté et son attirance pour cet homme dont la fragilité la bouleverse. Entre Jack London et Marguerite Duras, Catherine Poulain fait entendre une voix unique dans le paysage littéraire français, avec ce magnifique premier roman qu’on devine très autobiographique.

 

  • Il est avantageux d’avoir où aller de Emmanuel Carrère 9782818038765FS

« Il est avantageux d’avoir où aller » : quand on lui demande son avis, c’est une des choses que répond le Yi-King, l’antique livre de sagesse chinoise. Alors on y va. Le premier des reportages qu’on trouvera ici se lance sur les traces de Dracula en Roumanie, après la chute de Ceaugescu. L’un des derniers se mêle aux riches et aux puissants du monde réunis au Forum de Davos. Entre les deux, il y a beaucoup de patrouilles sur le front de l’Est, dans le chaos postcommuniste, des récits de procès criminels, des projets de films, des éloges de livres aimés, une vie du mathématicien Alan Turing, une rencontre désastreuse avec Catherine Deneuve et même une série de chroniques un peu porno écrites avec une délicieuse sensation d’impunité pour un magazine italien.
Le tout peut se lire aussi comme une sorte d’autobiographie.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s