11 septembre: Ingrid Thobois

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Dans le cadre de « Livres à vous en tournée« , nous vous invitons à rencontrer Ingrid Thobois le 11 septembre 2015 à 19h, autour de ses deux livres:

« Le plancher de Jeannot«  aux éditions Buchet Chastel

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En janvier 2001, j’ai 21 ans et je ne m’intéresse qu’à ce qui se passe loin, très loin de chez moi. Je viens de « rencontrer » Nicolas Bouvier. Je suis sous perfusion de cette vie-œuvre. Je m’apprête à partir un an sur ses traces. C’est à la préparation de ce voyage que je consacre l’année 2001 qui commence à Lausanne. Là-bas, j’ai deux heures à tuer avant un rendez vous avec un proche de Nicolas Bouvier. Je n’ai jamais entendu le terme « Art Brut ». Jean Dubuffet ? Inconnu au bataillon. Je pousse la porte de la Collection de l’Art Brut pour échapper au grésil. Le plancher de Jeannot est exposé au dernier étage de cette maison musée. Je ne le verrai jamais plus aussi bien mis en valeur : pan de bois offert d’un seul tenant au regard, à plat et puis redressé comme une tête de lit. Et le texte gravé se déploie, décousu sans aucun doute, inachevé je ne crois pas, déconcertant assurément, mais certainement pas abscons : du sens éclaté. À 21 ans, donc, un embranchement : Nicolas Bouvier et le grand dehors d’un côté ; le Plancher de Jeannot et le grand dedans de l’autre. J’ai à l’époque choisi. Voyagé et vécu à l’étranger. Mais le hasard a des intuitions qu’il ne faut pas prendre pour des coïncidences, phrase de Chris Marker qui résume la récurrence avec laquelle je me suis retrouvée confrontée au Plancher. Huit années plus tard, en 2009, j’ai commencé à écrire « autour du Plancher ». Surtout pas « sur ». Éventuellement « à travers ». Aujourd’hui que le texte est publié, je dis « dans les interstices, dans les zones d’ombres, dans les angles morts ».

« Des fourmis dans les jambes; petite biographie de Nicolas bouvier«  aux éditions La joie de lire

bouvier_couv« La vie de Nicolas Bouvier ? Pas seulement celle d’un écrivain, pas seulement celle d’un voyageur, certainement pas celle d’un « écrivain voyageur ». Si sa littérature trouve sa source dans le nomadisme, elle se déploie dans la sédentaire humilité d’un travail d’orfèvre sans cesse réitéré. Ses livres et ses photographies témoignent de son interrogation constante quant à la place qu’il occupe sur cette planète tant parcourue. C’est en effet sur la route que Nicolas
Bouvier se fait, et tout à la fois se défait. Son œuvre découle d’un grand voyage initiatique – il a alors entre 23 et 27 ans. Des Balkans à l’Extrême Orient, Nicolas Bouvier aura posé sur le monde un regard d’une lucidité non dénuée d’humour. Avec lui prend fin l’ethnocentrisme fatigant des aventuriers du siècle passé. D’ailleurs, Nicolas Bouvier ne voyage pas : il vit ici et puis là-bas. Sa langue – chaque mot passé au feu dans l’alchimique et musicale distorsion du réel – n’a jamais cessé de m’accompagner. Cette « petite biographie » est un hommage rendu à celui qui a tant orienté mes pas, en espérant qu’elle fera pousser quelques paires d’ailes aux dos de certains jeunes et moins jeunes enfants… »

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